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Une vie riche et longue: qui était Suzanne Hurtubise?

08 Août 24
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Comment était la vie d’une jeune fille au début du XXe siècle ?  

Suzanne Hurtubise, parfois surnommé Suzette dans nos archives, était la fille de Flavien Hurtubise et Alice Rodier. Flavien étant le seul frère Hurtubise de sa génération à avoir des enfants, ses filles, Suzanne et Claire, étaient de fait les seules nièces de Dr Leopold.  

Suzanne apparaît dans plusieurs photos prises par Dr Leopold, affiché dans la Maison Hurtubise pendant les visites guidées. Elle a peut-être habité dans la Maison Hurtubise avec ses parents et sa sœur pour un temps ou bien elle a souvent visité la maison pendant les vacances d’été. Pendant longtemps, nous ne savions seulement que la petite fille dans ces photos était nommée Suzanne.  L’hypothèse était qu’elle était une nièce de Léopold, mais nous n’étions pas en mesure de confirmer ce fait. Cependant, un visiteur nous a informé qu’il existait des photos de Suzanne dans une salle qui existe encore dans l’école Villa Maria, ce qui nous as permis d’approfondir nos recherches.  

Collection de la Maison Hurtubise, « FLV avec Suzette à cheval. »
Collection de la Maison Hurtubise, « Suzanne au salon. »
Collections de la Maison Hurtubise, « Groupe au Couvent 1ere communion de Suzette. »
Archives de la Congrégation de Notre-Dame, les Annales de Villa Maria. Nous pouvons voir le nom de Suzanne Hurtubise dans la colonne de « Mlles » qui font leur communion. Ceci apparaît dans les annales en date d’avril 1907.

Le fait que Suzanne ait fréquenté l’école Villa Maria nous donne un indice sur son éducation. Nous avons trouvé des factures datent de 1906 à 1913 et ceci nous aide à comprendre l’éducation qu’elle a reçue. Il avait des pensionnaires et des étudiants de jour au niveau primaire, mais toutes les élèves du secondaire devaient être pensionnaires. Au début du XXe siècle, Villa Maria avait entre 170 et 200 élèves. Parmi ce nombre, plusieurs enfants venaient des États-Unis et y restaient sauf pour les vacances de noël et d’été.

Archives de la Congrégation de Notre-Dame, fichier 326.000.056. Nous pouvons constater que sur la 3e ligne, en rang de 37, il est écrit: S. Hurtubise, Flavien, 563 Côte St. Antoine, Montréal.
Archives de la Congrégation de Notre-Dame, fichier 326.000.057. Nous pouvons constater qu’il s’agit d’une facture pour « Mlles. Suzanne et Claire Hurtubise. »

On peut émettre l’hypothése qu’une école catholique privée pour filles se serait concentrée uniquement sur les études religieuses et sur l’apprentissage “féminin” comme la couture et l’art. La religion jouait effectivement un grand rôle dans l’école — les étudiantes assistaient chaque année aux fêtes religieuses de l’Église, par exemple — mais il y avait aussi toute une série d’autres activités enseignées : Ils étudiaient des matières telles que l’astronomie, l’histoire et la littérature. Des professeurs de l’Université Loyola et de Laval étaient aussi invités pour enrichir les cours des filles. Elles faisaient aussi parfois des sorties — une fois, les étudiants sont invités à Loyola pour assister à des tests de radiographies. Il y avait également du temps pour des activités théâtrales parascolaires. Par exemple, les étudiantes mettaient en scène des pièces de Shakespeare. Après avoir quitté Villa Maria, les jeunes filles avaient probablement l’une des éducations les plus complètes disponibles à l’époque à Montréal.1 

Archives de la Congrégation de Notre-Dame, un programme pour une « séance historique. »
Archives de la Congrégation de Notre-Dame, une lettre qui démontre que l’école Villa Maria avait dans sa possession une collection de roches et de minéraux qui servaient à l’apprentissage.

Même après cette découverte, nous n’avions aucune trace de Suzanne après ses études hormis les quelques lettres qui lui sont adressées dans nos archives. Nous ne savions même pas avec certitude si les lettres que nous avons trouvées étaient pour la même Suzanne. Grâce à des recherches plus approfondies dans les archives des journaux, nous avons pu retrouver son avis de mariage. En 1920, elle épouse un Anglais de Londres, C. Vivian Pullen. Son mariage nous permet surtout de comprendre que les Hurtubise, malgré qu’ils étaient d’origine française, se trouvaient dans les mêmes cercles sociaux que les Anglophones.  

L’avis de mariage entre Suzanne Hurtubise et C. Vivian Pullen. Il apparaît dans « La Patrie, » le 11 juin 1920.

Suzanne a certainement beaucoup voyagé. Elle aurait visité l’Europe avec son mari et plus tard avec sa sœur pendant de longues périodes. Nous savons également qu’elle aurait visité ou vécu à New York grâce à des lettres adressées à “Mme Pullen” à New York. 

Il semblerait que Suzanne Hurtubise et son époux C. Vivian Pullen ont jamais eu d’enfants. Nous n’avons pas pu trouver le prénom de ce dernier ni les traces de sa vie à Montréal, mais nous avons trouvé l’avis de décès de Suzanne. Elle est décédée à Montréal en 1984. Elle avait quatre-vingt-huit ans, plaçant sa date de naissance en 1896. Elle aurait vu l’urbanisation de Westmount de ses propres yeux, elle aurait gagné le droit du vote fédéral avec toutes les femmes du Canada en 1919 pendant la première guerre mondiale, et elle aurait eu le droit provincial du vote au Québec en 1940 pendant la deuxième guerre mondiale. Elle aurait vécu l’Expo 67 et aurait vu les Olympiques de Montréal en ‘76. En 1984, elle laisse dans le deuil deux nièces, filles de Claire, et deux cousines du côté maternel de la famille.  

L’avis de décès de Suzanne Hurtubise (Pullen). Retrouvé dans le Gazette de Montréal, 13 Octobre, 1984.

Suzanne a été inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges après une vie riche et longue. C’est au travers des photos de Dr. Leopold exposées à la Maison Hurtubise que nous pouvons aujourd’hui se rappeler de son enfance et s’imaginer sa vie.  

  1. Helen Lanthier, “Monklands Then, Villa Maria Now.” Congrégation of Notre Dame, p. 38–40. 
    “Annales de Villa Maria,” Archives de la Congrégation de Notre Dame.  ↩︎

Une galerie anachronique?

09 Juil 24
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Par Julie Jacques

Une galerie de style Beaux-Arts sur une maison datant de 1739 peut sembler bizarre à première vue. À la Maison Hurtubise, cette galerie n’est pas un anachronisme mais plutôt un indice. Son histoire peut nous aider à mieux comprendre la famille qui a habité cette ancienne maison pendant six générations.  

La galerie ne date pas de la construction de la maison. Quand cette dernière est construite, il n’avait que des escaliers. L’absence de la galerie offrait un accès facile au sous-sol, qui était probablement utilisé pour stocker les récoltes pendant l’hiver. La porte d’accès au sous-sol en façade de la maison existe encore aujourd’hui, en-dessous de la galerie.  

Une peinture effectuer par P. Roy Wilson, architecte et artiste, qui imagine la maison sans sa galerie ni son extension de toit. Il est aussi possible de constater la porte qui mène au sous-sol dans la façade de la maison.

Comme on le sait, aucune maison historique est sans rénovation. Chaque génération d’Hurtubise a laissé sa propre trace sur la maison et le terrain qui leur appartenait. Pendant des restaurations fait par l’Héritage Canadien du Québec (HCQ), cinq couches distinctes de plancher ont été retrouvé. La maison n’a pas toujours eu une galerie, et nous ne savons pas exactement quand la galerie a été rajoutée. Ce serait entre la première et quatrième génération des Hurtubise, soit entre 1739 et 1878, en complément des travaux de prolongement du toit, qui couvre et protège désormais la galerie du soleil et de la neige. 

Cependant, l’ancien style de la galerie nous permet d’arriver à une approximation plus exacte. Ce style, vu dans des photos prises au début du 20e siècle, semble influencée par le style victorien. L’ancien style de la galerie, vu dans des photos prises au début du 20e siècle, serait peut-être influencée par le style victorien. La galerie, particulièrement les colonnes, porte des ressemblances a d’autre maison de style victorien et renaissance gothique situé autour de l’Amérique du Nord.1 Tout ça dit, la galerie est très simple comparé à d’autre qui sont réellement de style victorien ; la Maison Hurtubise reste une maison de ferme canadienne-française. 

Quand même, ceci nous permet de deviner que la galerie, au moins cette itération quasi-victorienne, aurait peut-être été construite pendant l’époque victorienne entre 1838 et 1870. (L’époque victorienne s’étend jusqu’en 1901 mais l’annexe en brique de la maison aurait été construite dans les années 1870. La construction de la galerie est probablement antérieur à celle de l’annexe.) 

Bien que nous ne puissions savoir exactement pourquoi la galerie aurait été rajoutée après la construction initiale de la maison, il est facile d’imaginer la famille Hurtubise profitant des précieuses journées d’été, tant attendu après un long hiver. Ils auraient été protégés du soleil par cette extension au toit, pendant qu’ils divertissaient des invités ou pendant qu’ils finissaient des tâches domestiques—je pense à ma grand-mère qui me dit que sa grand-mère faisait souvent de la couture assise dehors pendant l’été.  

 

Une photo prise par Dr. Léopold Hurtubise ou nous voyons son frère, Flavien, et une membre de la famille, Suzette, en devant de la galerie.
Une photo, prise par Dr. Léopold Hurtubise, de la Maison Hurtubise avant les rénovations datant de 1911 qui ont changé le style de la galerie.
Photo et description provenante du livre « Porches of North America » qui démontre une maison avec un style de poteau similaire à l’ancienne galerie de la Maison Hurtubise. Celle-ci est dites « gothique, » qui était une caractéristique de l’architecture victorienne d’après ce livre.

Dr. Leopold Hurtubise, le dernier Hurtubise ayant habité la maison, était le responsable pour la galerie style Beaux-Arts, datant de 1911. De cela, ainsi que des photos qu’il a prises avec son appareil photo pendant ces études, on peut deviner qu’il était un homme qui appréciait l’art. En tant que médecin et photographe amateur, nous voyons dans sa personnalité un mariage d’art et de science. Ses photos, démontrent une appréciation tant pour la galerie que pour l’extérieur et la nature qui entourait la Maison Hurtubise. 

N’hésitez pas à venir voir l’évolution de la galerie dans le cadre de notre exposition temporaire sur les photos du Docteur Hurtubise. Inclus dans la visite de la Maison Hurtubise https://hcq-chq.org/the-hurtubise-house/.

La galerie de style Beaux-Arts après les restorations fait par l’Héritage canadien du Québec en 2005 et en 2012.

  1.  Thomas Durant Visser. “Victorian Porch Styles,” Porches of North America. University Press of New England, 2012.  ↩︎

Le mythe du melon montréalais

19 Juin 24
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Écrit par Julie Jacques

Source: Archives de la Ville de Montréal. La photo démontre un déjeuner au Belvedere du Mont Royal, en 1919, avec Son Altesse Royale le Prince de Galles. On peut constater que du melon en tranche a été servi aux invités. . . Peut-être le fameux melon de Montréal?
Source: https://www.montrealbicycleclub.com/blue-bonnets.html
L’hippodrome « Blue Bonnet » de Montréal, qui aurait était construit près de l’actuel station de train Montréal-Ouest en 1872 et, après qu’il aurait été coupé en deux par une nouvelle voie ferrée en 1886, a été reconstruit sur le boulevard Décarie en 1907.
  1. Daphné Cameron, « Le mystère du melon de Montréal enfin résolu? » La Presse, 8 juin 2024.
    Tori Marlan, « This Melon Used to Sell for $24 a Slice. Should it Make a Comeback? » Buzzfeed News, 3 janvier 2016. ↩︎
  2. Daphné Cameron, « Le mystère du melon de Montréal enfin résolu? » La Presse, 8 juin 2024.
    Fabien Deglise, “Le melon de montréal ne fait plus le poids,” Le Devoir, 11 octobre 2006.
    Sophie Lachapelle, “Un melon mythique!” L’actualité.com, 22 avril 2013.
    Clémence Ménard, “Vers un possible retour du melon de Montréal?” Ville en vert, 1 septembre 2021. ↩︎
  3. Tori Marlan, « This Melon Used to Sell for $24 a Slice. Should it Make a Comeback? » Buzzfeed News, 3 janvier 2016. ↩︎
  4. Tori Marlan, « This Melon Used to Sell for $24 a Slice. Should it Make a Comeback? » Buzzfeed News, 3 janvier 2016. ↩︎
  5. Tori Marlan, « This Melon Used to Sell for $24 a Slice. Should it Make a Comeback? » Buzzfeed News, 3 January 2016. 
    « L’histoire du melon de montréal, » Quelle histoire!, accédé le 17 juin 2024.  ↩︎
  6. Alan M. Stewart et Léon Robichaud. « Étude patrimoniale de la maison des Hurtubise : Rapport présenté au Ministère de la Culture et des Communications et à l’Institut d’histoire de l’Amérique française, » mai 2001.  ↩︎
  7. Daphné Cameron, « Le mystère du melon de Montréal enfin résolu? » La Presse, 8 juin 2024. 
    Clémence Ménard, « Vers un possible retour du melon de Montréal? »  Ville en vert, 1 septembre 2021. ↩︎
  8. Daphné Cameron, « Le mystère du melon de Montréal enfin résolu? »  La Presse, 8 juin 2024. ↩︎
  9. « Le projet ‘agriculturel’ de la maison Hurtubise. »  hcq-chq.org
    https://hcq-chq.org/le-projet-agriculturel-de-la-maison-hurtubise/ ↩︎